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Orthodox readings for 5 February 2007

The Jerusalem Bible (fr)

1 Jean, Chapitre 2,  vers 18-29

I. Marcher dans la lumière> 18 Quatrième condition : se garder des antichrists., 29 II. Vivre en enfants de Dieu
18 Petits enfants,
voici venue la dernière heure.
Vous avez ouï dire que l’Antichrist doit venir ;
et déjà maintenant beaucoup d’antichrists sont survenus :
à quoi nous reconnaissons que la dernière heure est là.
19 Ils sont sortis de chez nous,
mais ils n’étaient pas des nôtres.
S’ils avaient été des nôtres,
ils seraient restés avec nous.
Mais il fallait que fût démontré
que tous n’étaient pas des nôtres.
20 Quant à vous, vous avez reçu l’onction venant du Saint,
et tous vous possédez la science.
21 Je vous ai écrit,
non que vous ignoriez la vérité,
mais parce que vous la connaissez
et qu’aucun mensonge
ne provient de la vérité.
22 Qui est le menteur,
sinon celui qui nie que Jésus soit le Christ ?
Le voilà l’Antichrist !
Il nie le Père et le Fils.
23 Quiconque nie le Fils
ne possède pas non plus le Père.
Qui confesse le Fils
possède aussi le Père.
24 Pour vous,
que ce que vous avez entendu dès le début
demeure en vous.
Si en vous demeure
ce que vous avez entendu dès le début,
vous aussi, vous demeurerez
dans le Fils et dans le Père.
25 Or telle est la promesse que lui-même vous a faite :
la vie éternelle.
26 Voilà ce que j’ai tenu à vous écrire
au sujet de ceux qui cherchent à vous égarer.
27 Quant à vous,
l’onction que vous avez reçue de lui
demeure en vous,
et vous n’avez pas besoin qu’on vous enseigne.
Mais puisque son onction vous instruit de tout,
qu’elle est véridique, non mensongère,
comme elle vous a instruits, demeurez en lui.
28 Oui, maintenant, demeurez en lui,
petits enfants,
pour que, s’il venait à paraître,
nous ayons pleine assurance,
et non point la honte
de nous trouver loin de lui
à son Avènement.
29 Si vous savez qu’il est juste,
reconnaissez que quiconque pratique la justice
est né de lui.

1 Jean, Chapitre 3,  vers 1-10

II. Vivre en enfants de Dieu> 3 Première condition : rompre avec le péché.
Voyez quelle manifestation d’amour
le Père nous a donnée
pour que nous soyons appelés enfants de Dieu.
Et nous le sommes !
Si le monde ne nous connaît pas,
c’est qu’il ne l’a pas connu.
Bien-aimés,
dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu,
et ce que nous serons n’a pas encore été manifesté.
Nous savons que lors de cette manifestation
nous lui serons semblables,
parce que nous le verrons tel qu’il est.
Quiconque a cette espérance en lui
se rend pur comme celui-là est pur.
Quiconque commet le péché
commet aussi l’iniquité,
car le péché est l’iniquité.
Or vous savez que celui-là s’est manifesté
pour ôter les péchés
et qu’il n’y a pas de péché en lui.
Quiconque demeure en lui ne pèche pas.
Quiconque pèche
ne l’a vu ni connu.
Petits enfants,
que personne ne vous égare.
Celui qui pratique la justice est juste
comme celui-là est juste.
Celui qui commet le péché est du diable,
car le diable est pécheur dès l’origine.
C’est pour détruire les œuvres du diable
que le Fils de Dieu est apparu.
Quiconque est né de Dieu ne commet pas le péché
parce que sa semence demeure en lui ;
il ne peut pécher,
étant né de Dieu.
10 À ceci sont reconnaissables
les enfants de Dieu et les enfants du diable :
quiconque ne pratique pas la justice
n’est pas de Dieu,
ni celui qui n’aime pas son frère.
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2:18 p) « l’Antichrist »; var. « un antichrist ». — Sur cet Adversaire des derniers temps, dont Jn parle ici au pluriel, voir 2 Th 2.3-4. Il s’acharne avant tout contre l’authentique foi au Christ Fils de Dieu, v. 22 ; 4.2-3 ; cf. 5.5 ; Jn 1.18.


2:19 q) Tout en appartenant extérieurement à la communauté, ils ne possédaient plus l’esprit du Christ.


2:20 r) C’est l’Esprit donné au Messie, Isa 11.2 ; 61.1, et par lui aux croyants, 3.24 ; 4.13 ; cf. 2 Co 1.21, qui les instruit de tout, v. 27 ; Jn 16.13 ; cf. 1 Co 2.10, 15, grâce auquel les paroles de Jésus sont « esprit et vie », Jn 6.63.


2:20 s) « tous vous possédez la science »; var. « vous connaissez toutes choses ».


2:21 t) Ou « et que vous savez qu’aucun mensonge ne provient de la vérité ».


2:22 u) Il est malaisé de nommer avec certitude les hérétiques ici visés (Cérinthe vraisemblablement, dont l’erreur se retrouvera diluée dans la Gnose). Le titre de Christ n’est pas seulement ici une traduction de « Messie », il évoque la plénitude de la foi des « chrétiens » en Celui qui est « venu dans la chair », 2 Jn 7.


2:24 v) La catéchèse apostolique concernant le mystère du Christ.


2:27 w) Les chrétiens sont instruits par les apôtres, v. 24 ; 1.3, mais la prédication extérieure ne pénètre les âmes que par la grâce de l’Esprit, cf. 2.20.


3:1 x) Om. « et nous le sommes », et var. (Vulg.) « et que nous le soyons ».


3:3 y) Jésus.


3:5 z) « les péchés »; var. « nos péchés ».


3:6 a) Jean stylise les portraits. De l’espérance de la vision, v. 2, et de la sainteté consommée, v. 3, découle dès maintenant, par l’action de Jésus Christ, v. 5 ; 2.2, l’abstention de tout mal qui convient aux fils de Dieu, v. 9 ; 5.18 ; cf. Ga 5.16, qui ont été « justifiés », v. 7 ; 2.29 ; cf. Rm 3.24-25. Cela n’exclut pas, en fait, la possibilité concrète du péché, 1.8-10, qui précisément brise la communion, cf. 2.3-5.


3:8 b) Aux expressions être de Dieu, de la vérité, enfants de Dieu, signifiant que le chrétien vit sous l’influence de Dieu qui demeure en lui, s’opposent les expressions être du diable, 3.8, du Mauvais, 3.12, du monde, 2.16 ; 4.5, enfants du diable, 3.10, pour désigner tous ceux qui vivent sous l’influence perverse de Satan et se laissent « égarer » par lui.


3:9 c) Peut-être le Christ, cf. Ga 3.16 ; 5.18. Mais ce serait plutôt, soit l’Esprit, cf. 2.20, 27, soit le germe de vie qu’est la Parole reçue, 2.7, 24, et fructifiant par l’Esprit, 2.20, 27.


En plus de l’évangile, trois épîtres nous ont été conservées par la tradition sous le nom de Jean. Elles offrent avec l’évangile sous sa forme actuelle une telle parenté littéraire et doctrinale qu’il est difficile de ne pas les attribuer au même auteur, probablement ce « Jean l’Ancien » dont parlait Papias (cf. 2 Jn 1 ; 3 Jn 1). La troisième épître est vraisemblablement la première en date ; elle tend à régler un conflit d’autorité qui avait surgi dans une des Églises relevant de l’autorité de Jean. La deuxième épître met en garde une autre Église particulière contre la propagande de faux docteurs niant la réalité de l’Incarnation. Quant à la première épître, de beaucoup la plus importante, elle se présente plutôt comme une lettre encyclique destinée aux communautés d’Asie, menacées par les déchirements des premières hérésies. Jean y a condensé l’essentiel de son expérience religieuse ; partant de thèmes parallèles successifs (lumière, 1 Jn 1.5s ; justice, 1 Jn 2.29s ; amour, 1 Jn 4.7-8s ; vérité, 1 Jn 5.6s), il veut montrer le lien intime qui existe entre notre état d’enfants de Dieu et la rectitude de notre vie morale, considérée comme fidélité au double commandement de la foi en Jésus et de l’amour fraternel (1 Jn 3.23-24). C’est un des écrits du NT les plus marqués par la pensée qui s’exprime dans les écrits de la secte de Qumrân : le double dualisme « lumière-ténèbres » et « vérité-mensonge » (1 Jn 1.5-7 ; 2.9-11 ; 2.21-22) ; le discernement des « esprits » (2 Jn 4.1-6) qui se termine par l’opposition entre « esprit de vérité et esprit d’erreur », comme à Qumrân. Dans l’évangile, une telle influence qumranienne est limitée à de rares passages, spécialement 3.19-21.

1 Jn 2.18-21 fait état d’un schisme qui se serait produit dans les milieux « johanniques ». Face à des dissidents tentés par la gnose, pour qui seul le message du Fils de Dieu compte, l’épître rappelle que le Sauveur du monde (1 Jn 4.14) était aussi un homme de chair (1 Jn 4.2 ; 2 Jn 7) et de sang (1 Jn 1.7 ; 5.5-6), avec un nom bien humain, Jésus (1 Jn 1.7 ; 2.22 ; 4.3 ; 5.1, 5), et que le disciple doit suivre son exemple (1 Jn 2.6 ; 3.16-18 ; 4.11, 20). De fait, la première épître contient une des affirmations les plus bouleversantes de toute la Bible : « Dieu est Amour » (1 Jn 4.8, 16).

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2 


2:18 My little children, it is the last time - The last dispensation of grace, that which is to continue to the end of time, is begun. Ye have heard that antichrist cometh - Under the term antichrist, or the spirit of antichrist, he includes all false teachers and enemies to the truth; yea, whatever doctrines or men are contrary to Christ. It seems to have been long after this that the name of antichrist was appropriated to that grand adversary of Christ, "the man of sin," 2Th 2:3 Antichrist, in St. John's sense, that is, antichristianism, hasbeen spreading from his time till now; and will do so, till that great adversary arises, and is destroyed by Christ's coming.


2:19 They were not of us - When they went; their hearts were before departed from God, otherwise, they would have continued with us: but they went out, that they might be made manifest - That is, this was made manifest by their going out.


2:20 But ye have an anointing - A chrism; perhaps so termed in opposition to the name of antichrist; an inward teaching from the Holy Ghost, whereby ye know all things - Necessary for your preservation from these seducers, and for your eternal salvation. St. John here but just touches upon the Holy Ghost, of whom he speaks more largely, 1Jn 3:24; 1Jn 4:13; 1Jn 5:6.


2:21 I have written - Namely, 1Jn 2:13.To you because ye know the truth - That is, to confirm you in the knowledge ye have already. Ye know that no lie is of the truth - That all the doctrines of these antichrists are irreconcilableto it.


2:22 Who is that liar - Who is guilty of that lying, but he who denies that truth which is the sum of all Christianity?That Jesus is the Christ; that he is the Son of God; that he came in the flesh, is one undivided truth. and he that denies any part of this, in effect denies the whole. He is antichrist - And the spirit of antichrist, who in denying the Son deniesthe Father also.


2:23 Whosoever denieth the eternal Son of God, he hath not communion with the Father; but he that truly and believingly acknowledgeth the Son, hath communion with the Father also.


2:24 If that truth concerning the Father and the Son, which ye have heard from the beginning, abide fixed and rooted in you, ye also shall abide in that happy communion with the Son and the Father.


2:25 He - The Son. Hath promised us - If we abide in him.


2:26 These things - From 1Jn 2:21.I have written to you - St. John, according to his custom, begins and ends with the same form, and having finished a kind of parenthesis, 1Jn 2:20-26, continues, 1Jn 2:27, what he said in the twentieth verse, concerning them that would seduce you.


2:27 Ye need not that any should teach you, save as that anointing teacheth you - Which is always the same, always consistent with itself. But this does not exclude our need of being taught by them who partake of the same anointing.Of all things - Which it is necessary for you to know. And is no lie - Like that which antichrist teaches. Ye shall abide in him - This is added both by way of comfort and of exhortation.The whole discourse, 1Jn 2:18-27 is peculiarly adapted to little children.


2:28 And now, beloved children - Having finished his address to each, he now returns to all in general. Abide in him, that we - A modest expression. May not be ashamed before him at his coming - O how will ye, Jews, Socinians, nominal Christians, be ashamed in that day!


2:29 Every one - And none else. Who practiseth righteousness - From a believing, loving heart. Is born of him - For all his children are like himself.


3 


3:1 That we should be called - That is, should be, the children of God. Therefore the world knoweth us not - They know not what to make of us. We are a mystery to them.


3:2 It doth not yet appear - Even to ourselves. What we shall be - It is something ineffable, which will raise the children of God to be, in a manner, as God himself. But we know, in general, that when he, the Son of God, shall appear, we shall be like him - The glory of God penetrating our inmost substance. For we shall see him as he is - Manifestly, without a veil. And that sight will transform us into the same likeness.


3:3 And every one that hath this hope in him - In God.


3:4 Whosoever committeth sin - Thereby transgresseth the holy, just, and good law of God, and so sets his authority at nought; for this is implied in the very nature of sin.


3:5 And ye know that he - Christ. Was manifested - That he came into the world for this very purpose. To take away our sins - To destroy them all, root and branch, and leave none remaining. And in him is no sin - So that he could not suffer on his own account, but to make us as himself.


3:6 Whosoever abideth in communion with him, by loving faith, sinneth not - While he so abideth. Whosoever sinneth certainly seeth him not - The loving eye of his soul is not then fixed upon God; neither doth he then experimentally know him - Whatever he did in time past.


3:7 Let no one deceive you - Let none persuade you that any man is righteous but he that uniformly practises righteousness; he alone is righteous, after the example of his Lord.


3:8 He that committeth sin is a child of the devil; for the devil sinneth from the beginning - That is, was the first sinner in the universe, and has continued to sin ever since. The Son of God was manifested to destroy the works of the devil - All sin.And will he not perform this in all that trust in him?


3:9 Whosoever is born of God - By living faith, whereby God is continually breathing spiritual life into his soul, and his soul is continually breathing out love and prayer to God, doth not commit sin. For the divine seed of loving faith abideth in him; and, so long as it doth, he cannot sin, because he is born of God - Is inwardly and universally changed.


3:10 Neither he that loveth not his brother - Here is the transition from the general proposition to one particular.


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Marc, Chapitre 11,  vers 1-11

IV. Le ministère de Jésus à Jérusalem.> 1 Entrée messianique à Jérusalem.
Quand ils approchent de Jérusalem, en vue de Bethphagé et de Béthanie, près du mont des Oliviers, il envoie deux de ses disciples,
en leur disant : « Allez au village qui est en face de vous, et aussitôt, en y pénétrant, vous trouverez, à l’attache, un ânon que personne au monde n’a encore monté. Détachez-le et amenez-le.
Et si quelqu’un vous dit : « Que faites-vous là ? » Dites : « Le Seigneur en a besoin et aussitôt il va le renvoyer ici. » »
Ils partirent et trouvèrent un ânon à l’attache près d’une porte, dehors, sur la rue, et ils le détachent.
Quelques-uns de ceux qui se tenaient là leur dirent : « Qu’avez-vous à détacher cet ânon ? »
Ils dirent comme Jésus leur avait dit, et on les laissa faire.
Ils amènent l’ânon à Jésus et ils mettent sur lui leurs manteaux et il s’assit dessus.
Et beaucoup de gens étendirent leurs manteaux sur le chemin ; d’autres, des jonchées de verdure qu’ils coupaient dans les champs.
Et ceux qui Mchaient devant et ceux qui suivaient criaient : « Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur !
10 Béni soit le Royaume qui vient, de notre père David ! Hosanna au plus haut des cieux ! »
11 Il entra à Jérusalem dans le Temple et, après avoir tout regardé autour de lui, comme il était déjà tard, il sortit pour aller à Béthanie avec les Douze.
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L’évangile de Marc se divise en deux parties complémentaires. Dans la première (1.2-9 10), nous apprenons qui est Jésus de Nazareth : le Christ, le Roi du nouveau peuple de Dieu, d’où la profession de foi de Pierre en 8.29. Mais comment Jésus peut-il être ce Roi, puisqu’il fut mis à mort à l’instigation des chefs du peuple juif ? C’est qu’il était « fils de Dieu », ce qui impliquait une protection de Dieu sur lui pour l’arracher à la mort. La seconde partie (9.14-16.8) nous oriente peu à peu vers la mort de Jésus, mais culmine dans la profession de foi du centurion : « Cet homme était vraiment fils de Dieu » (15.39), confirmée par la découverte du tombeau vide, et par l’annonce de la résurrection de Jésus. Ce plan est indiqué dès la première phrase écrite par Marc : « Commencement de l’évangile de Jésus, Christ, fils de Dieu. »

Le texte de l’évangile de Marc sera présenté non selon cette structure théologique en deux grandes étapes (Jésus-Messie et Jésus-Fils de Dieu), mais selon un plan plus géographique, qui en facilitera la lecture.

À part quelques pièces plus ou moins aberrantes, la première partie de l’évangile est fort bien construite. Comme en une sorte de prologue (1.2-20), le lecteur assiste d’abord à l’investiture royale de Jésus, après que le Baptiste eut annoncé sa venue (1.2-11). La voix céleste s’adresse à lui en fusionnant Ps 2.7 et Isa 42.1 : Jésus est institué Roi (Ps 2.6) et reçoit la mission du Serviteur de Dieu, à savoir enseigner le droit aux nations (Isa 42.1-4). Toute la première partie de l’évangile sera conditionné par ces deux thèmes (cf. infra). Pour compléter la scène, Jésus reçoit l’Esprit, et comme Roi (1 S 16.13) et comme Serviteur de Dieu (Isa 42.1) : il est « oint » de l’Esprit (Isa 61.1 ; Ac 10.38), il est le « Christ » par excellence (Ps 2.2). Mais Satan exerçait déjà son pouvoir maléfique sur le monde (cf. 1 Jn 5.19). En conséquence, Jésus devra entrer en lutte avec lui pour établir sa propre royauté ; il le fait dès le lendemain du baptême, mené au combat par l’Esprit (1.12-13). En tant que Serviteur de Dieu, Jésus va enseigner les foules ; pour établir sa royauté, il va exorciser les esprits impurs, suppôts de Satan. Ce double thème va courir tout au long de l’évangile (1.27 ; 1.39 ; 2.2 ; 3.11 ; 3.14-15 ; 6.2 ; 6.12-13 ; 6.34). Pour clore ce prologue, Marc décrit, d’une façon très générale, le ministère de Jésus : il proclame l’Évangile, la Bonne Nouvelle (cf. Isa 61.1), il annonce que le Royaume de Dieu est proche (1.14-15) ; prédication et royauté, c’est bien la perspective des scènes précédentes. Finalement, Jésus appelle à sa suite ses quatre premiers disciples (1.16-20). Qu’il soit le Christ, Jésus est le seul à le savoir (avec les esprits impurs), comme le laisse entendre la scène du baptême. Il devra donc en persuader les autres. Ce sera difficile et en partie voué à l’échec comme va le montrer la suite de l’évangile. – 1.21-39 décrit une « journée type » de Jésus, à Capharnaüm. Comme Serviteur de Dieu, il enseigne dans la synagogue. Comme Roi, il expulse ses adversaires, les esprits impurs. Ce second aspect de sa mission est développé dans le récit de la guérison de la belle-mère de Pierre (toute maladie était due à l’influence des esprits mauvais, cf. Lc 4.39), et dans le sommaire de 1.32-34. Enseignement et exorcismes provoquent l’étonnement des foules et posent le problème de la véritable identité de Jésus (1.27 ; Jn 15.22, 24). Les foules sont conquises (1.28, 37). Mais Jésus s’en va pour enseigner et exorciser les démons dans toute la Galilée (1.38-39). – En contraste avec l’enthousiasme des foules (cf. 1.45), Marc nous présente un premier groupe de gens qui refusent de croire en Jésus : les scribes et les pharisiens. C’est le bloc des cinq controverses racontées en 2.1-3 6, qui se termine par la décision de perdre Jésus. Cet ensemble commence par un appel de l’enseignement du Christ (2.2, 13) et se prolonge par un sommaire montrant Jésus expulsant les esprits impurs (3.7-12). Scribes et pharisiens haïssent le Christ à cause de son enseignement et de ses exorcismes : ils sont jaloux (cf. 1.22). – Dans la section suivante (3.13-35), Marc va de nouveau opposer deux groupes de personnages : les Douze, auxquels il transmet son pouvoir d’enseigner et d’expulser les démons (3.13-19), et ses proches qui le prennent pour un illuminé (3.20-21 ; cf. Jn 7.5) et auxquels le Christ oppose sa vraie parenté : ceux qui font la volonté de Dieu (3.31-35). En 3.22-29, Marc fait intervenir les scribes qui accusent Jésus de pratiquer les exorcismes grâce à Beelzeboul afin de rappeler que c’est l’Esprit-Saint qui fait agir Jésus (3.29). On retrouve encore ici les deux composantes de l’activité du Christ : les exorcismes et l’enseignement (cf. 3.31-35 ; plus clair en Lc 8.21). – Le centre de cette première partie est formé par la longue section qui va de 4.1 à 5.43. Jusqu’ici, Marc a montré le Christ enseignant et expulsant les démons, mais sans donner beaucoup de détails. Il va le faire ici. Il explique d’abord comment le Christ enseignait (4.1-2) : sous forme de paraboles concernant le Royaume de Dieu, dont il donne cinq exemples (4.3-34). Il s’étend ensuite sur quatre miracles effectués par Jésus : la tempête apaisée (4.35-41) assimilée à un exorcisme (comparer 4.39, 41 et 1.25, 27), l’exorcisme du possédé de Gérasa (5.1-20), la résurrection de la fille de Jaïre, épisode dans lequel s’insère le récit de la guérison de l’hémorroïsse (5.21-43). Ces miracles provoquent l’étonnement et obligent à se poser le problème de la véritable identité de Jésus (4.41 ; cf. 5.20, 42). On notera une première « pointe » portée contre les disciples : ils ont manqué de foi (4.40), contrairement à l’hémorroïsse (5.34) et à Jaïre (5.36). – La section suivante (6.1-30) reprend, en ordre inversé, les thèmes de 3.13-35 : Marc y souligne l’opposition entre le manque de foi des proches de Jésus, malgré son enseignement et ses exorcismes (6.1-5 ; cf. .20-21, 31-35) et le groupe des vrais disciples qu’il envoie prêcher et expulser les esprits impurs (6.7-13 ; cf. 3.13-19). Le retour des disciples sera mentionné en 6.30 : ils racontent tout ce qu’ils ont fait (exorcismes et guérisons) et ce qu’ils ont enseigné. Pour meubler l’intervalle de temps entre leur départ et leur retour, Marc place ici l’opinion d’Hérode sur Jésus (6.17-20), ce qui lui donne l’occasion de souligner que, même si les foules étaient frappées par l’activité de Jésus, elles n’avaient qu’une opinion approximative de sa vraie personnalité. Le récit de l’exécution du Baptiste par Hérode, se greffe ici (6.21-29) comme un excursus. – Le double épisode de la multiplication des pains (6.35-44) et de la tempête apaisée (6.45-52) est encadré par deux notices rappelant la double activité du Christ : il enseigne les foules qui accourent à lui (6.31-34) et il guérit leurs malades (6.53-56). Pour la deuxième fois, Marc note l’incompréhension des disciples malgré le miracle de la multiplication des pains (6.52). – La section suivante (7.1-8 9) ouvre un horizon nouveau : la diffusion de l’évangile auprès des païens. Ils étaient considérés comme impurs par les Juifs ; contre les pharisiens, Jésus affirme que compte seulement aux yeux de Dieu la pureté du cœur (7.1-23). Il se rend ensuite dans la région de Tyr où il guérit la fille d’une syro-phénicienne (7.24-30), puis en Décapole où il guérit un sourd-bègue (7.32-37). Dans le récit de la seconde multiplication des pains (8.1-9), certains détails évoquent le monde païen invité au festin messianique. Comme presque toutes les sections précédentes, celle-ci souligne une opposition fondamentale. Elle commence et se termine par une attaque des pharisiens contre Jésus (7.5 ; 8.11-13 ; cf. 2.1-3.6), lequel répond à la première en fustigeant leur hypocrisie (7.6-13). À cet aveuglement, Marc oppose la confiance d’une païenne puis la guérison d’un sourd-bègue, probablement un païen lui aussi. C’est insinuer que, devant l’attitude des autorités juives, ce sont les païens qui vont être appelés au salut. – La dernière section (8.14-9.10) est dramatique. Pour la troisième fois (cf. 6.52 ; 7.18), Jésus constate l’incompréhension de ses disciples (8.14-21) : ils n’ont compris le sens, ni des prodiges qu’il a accomplis, ni de son enseignement (8.18). Ils ne le reconnaissent donc, ni pour le Roi annoncé par Ps 2.7, ni pour le Serviteur dont parle Isa 42.1-4. Faut-il alors désespérer de tous ? Non, car, contre toute attente, Pierre se sépare de l’opinion de la foule (8.27-28 ; cf. 6.14-16) pour reconnaître : « Tu es le Christ » (8.29). Il n’a pu le faire qu’en vertu d’une révélation du Père, comme le comprendra Matthieu (16.17). C’est pour préparer cette « conversion » de Pierre que Marc raconte, juste avant, la guérison d’un aveugle (8.22-26) à laquelle il semble donner une portée symbolique : Pierre n’était-il pas aveugle lui aussi (cf. 8.18) ? Cette profession de foi va être confirmée par la scène de la Transfiguration (9.2-10), de même que, à la fin de la seconde partie, la profession de foi du centurion romain (15.39) sera confirmée par la découverte du tombeau vide (16.1-8). Cette scène de la Transfiguration répond à celle du baptême du Christ : Jésus avait entendu la voix céleste lui disant : « Tu es mon fils, le bien-aimé, en toi je me suis complu » (1.11) ; ici, ce sont Pierre, Jacques et Jean qui l’entendent : « Celui-ci est mon fils, le bien-aimé écoutez-le » (9.7). Sur le petit bloc constitué par 8.31-9.1, cf.infra.

La structure de cette première partie forme un chiasme un peu distordu :

A) Témoignage du Baptiste : 1.2-8
Baptême du Christ : 1.9-11
[Enseignement et exorcismes : 1.21-39]

B) Controverse avec les pharisiens : 2.1-3 6

C) Appel des Douze : 3.13-19

D) Incrédulité de la famille de Jésus : 3.20-35

E) Enseignement et exorcismes : 4.15

D’) Incrédulité des proches de Jésus : 6.1-6

C’) Mission des Douze : 6.7-13, 30
[Multiplication des pains : 6.34-44]

B’) Hostilité des pharisiens : 7.5-13 ; 8.11-13

Les païens appelés au salut : 7.14-8.9

A’) Profession de foi de Pierre : 8.27-30
Transfiguration : 9.2-10.

La deuxième partie de l’évangile n’est pas aussi bien structurée. Elle procède plutôt par touches successives pour développer deux thèmes connexes : le paradoxe de Jésus devant passer par la mort avant de régner ; les conditions requises pour entrer dans le Royaume. Elle se rattache à la première partie au moyen de deux « sections crochets ». L’une est insérée dans la finale de la première partie, en 8.31-9.1, et contient en germe les thèmes essentiels de la seconde : Jésus devra mourir avant de régner (première annonce de la passion : 8.31), mais son règne est imminent (9.1) ; pour y participer, il est nécessaire de « suivre » Jésus en se renonçant (8.34-38). Pour annoncer sa passion et sa résurrection, ici comme en 9.31-32 et 10.33-34, le Christ s’identifie au « Fils de l’homme » de Dn 7.13-14. Selon ce texte, en effet, ce Fils d’homme va recevoir l’investiture royale de Dieu, mais dans un contexte de persécution. La seconde « section-crochet » se lit après le récit de la Transfiguration. La voix céleste prescrivait « d’écouter » l’enseignement du Christ (9.7 ; cf. Dt 18.18) ; Jésus accomplit maintenant un exorcisme pour chasser l’esprit mauvais qui tourmente un enfant (9.14-29). Enseignement et exorcisme, c’étaient les deux activités essentielles du Christ dans la première partie de l’évangile. – Dans la section suivante (9.30-49) le Christ se consacre à l’enseignement de ses disciples (9.30-31). Il leur annonce à nouveau qu’il doit mourir et ressusciter (9.31-32), puis il leur donne un certain nombre de consignes éthiques : se faire le serviteur de tous, éviter de scandaliser ceux qui croient en lui, si un membre est une occasion de chute, le couper afin de pouvoir « entrer dans la vie » ou « dans le Royaume ». – Il enseigne de nouveau les foules à partir de 10 1. C’est pour donner quelques consignes éthiques : concernant le divorce (10.2-12), la nécessité de recevoir le Royaume comme un enfant (10.13-16) et surtout la nécessité de renoncer à ses richesses pour entrer dans le Royaume (10.17-31). – La section qui va de 10.32 à 11.10 décrit le voyage de Jésus vers Jérusalem. Elle est de plus en plus centrée sur la royauté du Christ. La troisième annonce de la passion (10.32-34) rappelle le paradoxe fondamental : Jésus doit mourir avant de régner. Jacques et Jean voudraient être ministres du Christ, mais Jésus leur rappelle la nécessité de le suivre en buvant le même calice que lui (10.35-45). L’aveugle de Jéricho est guéri parce qu’il le reconnaît pour le « fils de David », titre royal par excellence (10.46-52). Finalement, Jésus fait son entrée à Jérusalem selon le rite des entrées royales (11.1-10). – Jésus sera-t-il sacré « roi » à Jérusalem ? Non, car il va mourir. Le drame, et donc le paradoxe, va se nouer durant les jours suivants. Les grands prêtres et les scribes décident la mort de Jésus, ulcérés par l’expulsion des vendeurs du Temple (11.15-18). Jésus refuse de leur répondre lorsqu’ils lui demandent en vertu de quel pouvoir il agit ainsi (11 27-33). La parabole des envoyés à la vigne suscite à nouveau leur colère (12.1-12). Les pharisiens cherchent à le perdre, soit aux yeux du pouvoir romain, soit auprès de la foule, en lui demandant s’il est permis de payer le tribut à César (12.13-17). Nouvelle controverse avec les sadducéens au sujet de la résurrection (12.18-27). Une éclaircie dans l’orage qui gronde : un des scribes (les ennemis acharnés de Jésus) dialogue avec le Christ sur le plus grand commandement et s’entend dire qu’il n’est pas loin du Royaume de Dieu (12.28-34). Mais c’est une exception, et Jésus s’en prend à eux en ridiculisant leur enseignement (12.35-37) et en fustigeant leurs vices (12.38-40). – En annonçant la ruine du Temple (13.1-2), Jésus ne fait que précipiter les événements tragiques (cf. 14.58). Mais il donne aussi la solution du paradoxe : le Fils de l’homme reviendra pour rassembler les élus en vue de former le royaume nouveau (13.24-27). Pour raconter les événements qui vont mener le Christ jusqu’à la croix, Marc suit la tradition commune (14-15) mais il souligne comment Jésus va être abandonné de tous. Les autorités juives craignaient la foule qui lui était favorable (11.18 ; 12.12, 37), mais elles réussissent à la retourner grâce à l’épisode de Barabbas (15.6-15). Les disciples, qui n’ont rien compris au paradoxe de la mort de Jésus (8.32-33 ; 9.9-10 ; 9.32), sont effrayés dès l’approche de Jérusalem (10.32) et finalement, lors de l’arrestation du Christ, ils prennent tous la fuite (14.50 ; cf. 14.27) après un simulacre de résistance (14.47). – C’est comme un roi de mascarade que Jésus est livré à la mort par Pilate (cf. 15.2, 9, 12, 17-20), et, dérision suprême, il meurt sur la croix tandis qu’une inscription le proclame « Roi des Juifs » (15.26). Dieu n’est-il pas bafoué, qui l’avait sacré roi lors du baptême dans le Jourdain ? Non, le centurion romain le proclame juste après qu’il a expiré : « Vraiment, cet homme était le fils de Dieu » (15.39). Comme Luc l’a bien compris (Lc 23.47), c’est une allusion à Sg 2.18 : « Si le juste est fils de Dieu, Il l’assistera et le délivrera de la main de ses adversaires. » Au jour de Pâque, l’ange confirmera cette profession de foi du centurion : Jésus est ressuscité (16.6). Puisqu’il est le Fils de l’homme, il a reçu l’investiture royale auprès de Dieu (Dn 7.13-14) et il reviendra pour rassembler les élus (13.26) dans le Royaume de Dieu. C’est dans ce contexte général qu’il faut interpréter le « secret messianique » cher à Mc, que Jésus impose, soit aux esprits impurs (1.25, 34 ; 3.11-12), soit aux disciples après la Transfiguration (9.9), soit aux gens qu’il guérit (1.44 ; 5.43 ; 7.36 ; 8.26). Les Juifs attendaient un Christ qui les délivrerait de l’occupation romaine, Jésus veut donc éviter d’être l’occasion d’un soulèvement populaire contre les Romains, qui serait contraire à la mission qu’il a reçue de Dieu (cf. Jn 6.14-45).

Cette analyse de l’évangile de Marc remet en question la notice de Papias : Marc aurait mis par écrit la catéchèse de Pierre, telle qu’il la donnait selon les circonstances, et donc sans ordre. Ce ne serait donc pas lui qui aurait composé un évangile si bien structuré, surtout dans sa première partie. Mais le problème est sans doute plus complexe. On constate en effet chez Mc des doublets notés depuis longtemps. Enseignement de Jésus à Capharnaüm (1.21-22, 27) et « dans sa patrie » (6.1-2) racontés en termes analogues. Deux récits de multiplication des pains (6.35-44 ; 8.1-9) suivis par la remarque que les disciples n’en comprirent pas le sens (6.52 ; 8.14-20). Deux annonces de la passion suivies par la consigne de se faire le serviteur de tous (9.31, 35 ; 10.33-34, 43). Deux récits de la tempête apaisée (4.35-41 ; 6.45-52). Deux remarques sur l’attitude de Jésus envers les enfants (9.36 ; 10.16). Le Mc actuel aurait donc, soit fusionné deux documents différents, soit complété un document primitif au moyen de traditions parallèles. Le Mc dont parle Papias pourrait être alors un des deux documents de base, considérablement remanié dans le Mc actuel.

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11:1 To Bethphage and Bethany, at the mount of Olives - The limits of Bethany reached to the mount of Olives, and joined to those of Bethphage. Bethphage was part of the suburbs of Jerusalem, and reached from the mount of Olives to the walls of the city. Our Lord was now come to the place where the boundaries of Bethany and Bethphage met. Mt 21:1; Lc 19:29; Jn 12:12.


11:11  Mt 21:10, Mt 21:17.


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