1 La trentième année, au quatrième mois, le cinq du mois, alors que je me trouvais parmi les déportés au bord du fleuve Kebar, le ciel s’ouvrit et je fus témoin de visions divines. |
2 Le cinq du mois — c’était la cinquième année d’exil du roi Joiakîn — |
3 la parole de Yahvé fut adressée au prêtre Ézéchiel, fils de Buzi, au pays des Chaldéens, au bord du fleuve Kebar. C’est là que la main de Yahvé fut sur lui. |
4 Je regardai : c’était un vent de tempête soufflant du nord, un gros nuage, un feu jaillissant, avec une lueur autour, et au centre comme l’éclat du vermeil au milieu du feu. |
5 Au centre, je discernai quelque chose qui ressemblait à quatre êtres vivants dont voici l’aspect : ils avaient une forme humaine. |
6 Ils avaient chacun quatre faces et chacun quatre ailes. |
7 Leurs jambes étaient droites et leurs sabots étaient comme des sabots de bœuf, étincelants comme l’éclat de l’airain poli. |
8 Sous leurs ailes, il y avait des mains humaines tournées vers les quatre directions, de même que leurs faces et leurs ailes à eux quatre. |
9 Leurs ailes étaient jointes l’une à l’autre ; ils ne se tournaient pas en marchant : ils allaient chacun devant soi. |
10 Quant à la forme de leurs faces, ils avaient une face d’homme, et tous les quatre avaient une face de lion à droite, et tous les quatre avaient une face de taureau à gauche, et tous les quatre avaient une face d’aigle. |
11 Leurs ailes étaient déployées vers le haut ; chacun avait deux ailes se joignant et deux ailes lui couvrant le corps ; |
12 et ils allaient chacun devant soi ; ils allaient là où l’esprit les poussait, ils ne se tournaient pas en marchant. |
13 Ils ressemblaient à des êtres vivants. Leur aspect était celui de charbons ardents ayant l’aspect de torches, allant et venant entre les êtres vivants ; le feu jetait une lueur, et du feu sortaient des éclairs. |
14 Les êtres vivants couraient en tout sens comme le font les éclairs. |
15 Je regardai les êtres vivants ; et voici qu’il y avait une roue à terre, à côté des êtres vivants aux quatre faces. |
16 L’aspect de ces roues et leur structure avait l’éclat de la chrysolithe. Toutes les quatre avaient même forme ; quant à leur aspect et leur structure : c’était comme si une roue se trouvait au milieu de l’autre. |
17 Elles avançaient dans les quatre directions et ne se tournaient pas en marchant. |
18 Leur circonférence était de grande taille et effrayante, et leur circonférence, à toutes les quatre, était pleine de reflets tout autour. |
19 Lorsque les êtres vivants avançaient, les roues avançaient à côté d’eux, et lorsque les êtres vivants s’élevaient de terre, les roues s’élevaient. |
20 Là où l’esprit les poussait, les roues allaient, et elles s’élevaient également, car l’esprit du vivant était dans les roues. |
21 Quand ils avançaient, elles avançaient, quand ils s’arrêtaient, elles s’arrêtaient, et quand ils s’élevaient de terre, les roues s’élevaient également, car l’esprit du vivant était dans les roues. |
22 Il y avait sur les têtes du vivant quelque chose qui ressemblait à un firmament éclatant comme le cristal, tendu sur leurs têtes, au-dessus, |
23 et sous le firmament, leurs ailes étaient dressées l’une vers l’autre ; chacun en avait deux lui couvrant le corps. |
24 Et j’entendis le bruit de leurs ailes, comme le bruit des grandes eaux, comme la voix de Shaddaï ; lorsqu’ils marchaient, c’était un bruit de tempête, comme un bruit de camp ; lorsqu’ils s’arrêtaient, ils repliaient leurs ailes. |
25 Et il se produisit un bruit. |
26 Au-dessus du firmament qui était sur leurs têtes, il y avait quelque chose qui avait l’aspect d’une pierre de saphir en forme de trône, et sur cette forme de trône, dessus, tout en haut, une forme ayant apparence humaine. |
27 Et je vis comme l’éclat du vermeil, quelque chose comme du feu près de lui, tout autour, depuis ce qui paraissait être ses reins et au-dessus ; et depuis ce qui paraissait être ses reins et au-dessous, je vis quelque chose comme du feu et une lueur tout autour ; |
28 l’aspect de cette lueur, tout autour, était comme l’aspect de l’arc qui apparaît dans les nuages, les jours de pluie. C’était quelque chose qui ressemblait à la gloire de Yahvé. Je regardai, et je tombai la face contre terre ; et j’entendis la voix de quelqu’un qui me parlait. |
3 a) Les vv. 1-3 paraissent juxtaposer deux introductions distinctes. L’une, vv. 2-3, impersonnelle, annonce l’ensemble du livre d’Ézéchiel et date la première vision du prophète, de la 5e année de l’exil de Joiakîn, soit 593-592. L’autre, v. 1, était peut-être rattachée à la vision du char de Yahvé lorsque celle-ci n’avait pas encore trouvé sa place actuelle, cf. Introduction. Mais alors la date (30e année) est difficile à interpréter, à moins qu’on ne la corrige en « 13e année » (de l’exil de Joiakîn), soit l’été de 585.
3 b) Expression fréquente chez Ézéchiel pour désigner l’extase, cf. 3.22 ; 8.1 ; 33.22 ; 37.1 ; 40.1. — Les versions lisent « sur moi » au lieu de « sur lui »; il faut alors rattacher 3 à 4.
4 c) Cette vision est certainement destinée aux exilés. Certains détails en sont obscurs, mais le sens général est clair c’est la « mobilité » spirituelle de Yahvé, qui n’est pas attaché au Temple de Jérusalem mais peut suivre ses fidèles jusque dans leur exil.
10 d) Ces êtres étranges rappellent les Kâribu assyriens (dont le nom correspond à celui des Chérubins de l’arche, cf. Ex 25.18), êtres à tête humaine, corps de lion, pattes de taureau et ailes d’aigle, dont les statues gardaient les palais de Babylone. Ces serviteurs des dieux païens sont ici attelés au char du Dieu d’Israël expression frappante de la transcendance de Yahvé. Les « quatre Vivants » de l’Apocalypse, Ap 4.7-8, etc., reprennent les traits des quatre êtres vivants d’Ézéchiel. La tradition chrétienne en a fait les symboles des quatre évangélistes.
11 e) « Leurs ailes » grec ; « Leurs faces et leurs ailes » hébr.
14 f) Ce v., absent du grec, est peut-être une glose.
17 g) Texte incertain. Littéralement « vers les quatre côtés de ceux-ci, en marchant, elles avançaient ».
18 h) « de reflets », litt. « d’yeux »; mais il faut interpréter ce mot d’après son usage figuré où il a le sens d’« éclat », cf. vv. 4, 7, 16, 22, 27 ; 8.2 ; 10.9. — Ici, cette mention des « reflets » est peut-être une glose inspirée de 10.12.
20 i) Après « allaient », hébr. ajoute « à l’esprit pour avancer », omis par mss, grec et syr.
22 j) Après « cristal », hébr. ajoute « effrayant »; omis par grec.
22 k) Ainsi les animaux portent le trône de Yahvé plutôt qu’ils ne le traînent. Comparer l’arche d’alliance, Ex 25.10, où « Yahvé siège sur les Chérubins », 1 S 4.4, etc.
23 l) L’hébr. répète « chacun en avait deux le couvrant », dittographie omise par mss et grec.
25 m) L’hébr. ajoute « au-dessus du firmament qui était sur leurs têtes, quand ils s’arrêtaient ils repliaient leurs ailes », dittographie omise par plusieurs manuscrits et versions.
28 n) Les Israélites craignaient de voir la face de Yahvé, aussi le plus souvent Dieu leur montrait sa « gloire », c’est-à-dire les signes extérieurs qui environnent et révèlent sa personne, cf. Ex 33.18, 22, etc. La gloire de Yahvé est donc le signe de sa présence. Habituellement, elle a l’apparence d’une nuée lumineuse, Ex 16.10 ; 43.1-5 ; ici la nuée est accompagnée d’une sorte de silhouette humaine brillante et rayonnante.
À la différence du livre de Jérémie, celui d’Ézéchiel se présente comme un tout bien ordonné. Après une introduction, 1.3, où le prophète reçoit de Dieu sa mission, le corps du livre se divise clairement en quatre parties : 1° les chap. 4-24 contiennent presque uniquement des reproches et des menaces contre les Israélites avant le siège de Jérusalem ; 2° les chap. 25-32 Sont des oracles contre les nations, où le prophète étend la malédiction divine aux complices et aux provocateurs de la nation infidèle ; 3° dans les chap. 33-39, pendant et après le siège, le prophète console son peuple en lui promettant un avenir meilleur ; 4° il prévoit enfin, chap. 40-48, le statut politique et religieux de la communauté future, rétablie en Palestine.
Cependant, cette logique de la composition dissimule de sérieuses failles. Il y a de nombreux doublets, ainsi 3.17-21 = 33.7-9 ; 8.25-29 = 33.17-20, etc. Les indications sur le mutisme dont Ézéchiel est frappé par Dieu, 3.26 ; 24.27 ; 33.22, sont séparées par de longs discours. La vision du char divin, 1.4 – 3.15, est interrompue par celle du livre, 2.1 – 3.9. De même, la description des péchés de Jérusalem, 11.1-21, fait suite au chap. 8 et coupe manifestement le récit du départ du char divin qui, de 10.22, se continue en 11.22. Les dates données dans les chap. 26-33 ne se suivent pas. Ces maladresses sont difficilement imputables à un auteur écrivant son ouvrage d’un seul jet. Il est beaucoup plus vraisemblable qu’elles sont le fait de disciples travaillant sur des écrits ou des souvenirs, les combinant et les complétant. Le livre d’Ézéchiel a donc eu, dans une certaine mesure, le sort des autres livres prophétiques. Mais l’égalité de la forme et de la doctrine nous assure que ces disciples nous ont gardé fidèlement la pensée et, généralement, la parole même de leur maître. Leur travail rédactionnel est surtout sensible dans la dernière partie du livre, 40-48, dont le noyau remonte cependant à Ézéchiel lui-même.
D’après l’état actuel, Ézéchiel a exercé toute son activité parmi les exilés de Babylonie entre 593 et 571, les dates extrêmes données par le texte, 1.2 et 29.17. On s’est étonné que, dans ces conditions, les oracles de la première partie paraissent adressés aux habitants de Jérusalem et que parfois Ézéchiel ait l’air d’être corporellement présent dans la ville, surtout 11.13. On a donc émis l’hypothèse d’un double ministère d’Ézéchiel : il serait resté en Palestine et y aurait prêché jusqu’après la ruine de Jérusalem en 587. C’est seulement alors qu’il aurait rejoint les captifs de Babylonie. La vision du rouleau en 2.1–3.9 marquerait la vocation du prophète en Palestine, celle du char divin, 1.4-28 et 3.10-15, marquerait l’arrivée chez les exilés. Le transfert de cette vision au début du livre en aurait changé toute la perspective. Cette hypothèse sert à répondre à certaines difficultés, mais elle en soulève d’autres. Elle entraîne de sérieux remaniements du texte, elle doit admettre que, même pendant son ministère « palestinien », Ézéchiel vivait ordinairement en dehors de la ville, puisqu’il y est « transporté », 8.3, et il est curieux que, si Ézéchiel et Jérémie ont prêché ensemble à Jérusalem, ni l’un ni l’autre ne fasse allusion au ministère de son confrère. D’autre part, les difficultés de la thèse traditionnelle ne doivent pas être exagérées : les reproches adressés aux gens de Jérusalem servaient de leçon aux exilés et, lorsque Ézéchiel paraît être dans la Ville Sainte, le texte dit explicitement qu’il y est transporté « en vision », 8.3, comme il en est ramené « en vision », 11.24. L’hypothèse d’un double ministère ne garde que peu de partisans.
Quelle que soit la solution adoptée, la même grande figure se dégage du livre. Ézéchiel est un prêtre, 1.3. Le Temple est sa préoccupation majeure, qu’il s’agisse du Temple présent qui est souillé par des rites impurs, 8, et que quitte la Gloire de Yahvé, 10, ou du Temple futur, dont il décrit minutieusement le plan, 40-42, et où il voit revenir Dieu, 43. Il a le culte de la Loi et, dans son histoire des infidélités d’Israël, 20, le reproche d’avoir « profané les sabbats » revient comme un refrain. Il a horreur des impuretés légales, 4.14, et un grand souci de séparer le sacré du profane, 45.1-6. En qualité de prêtre, il réglait des cas de droit ou de morale, et son enseignement prend de ce fait un tour casuistique, 18. Sa pensée et son vocabulaire s’apparentent à la Loi de Sainteté, Lv 17-26. Cependant on ne peut démontrer ni qu’il s’en soit inspiré ni que la Loi de Sainteté dépende de lui, et les contacts les plus frappants se trouvent dans des passages rédactionnels. Il reste que les deux ensembles ont été transmis dans des milieux de pensée très voisins. L’œuvre d’Ézéchiel s’intègre au courant « sacerdotal » comme celle de Jérémie appartenait au courant « deutéronomiste ».
Mais ce prêtre est aussi un prophète d’action. Plus qu’aucun autre, il a multiplié les gestes symboliques. Il mime le siège de Jérusalem, 4.1 – 5.4, le départ des émigrants, 12.1-7, le roi de Babylone à la croisée des chemins, 21.23s, l’union de Juda et d’Israël, Ez 37.15s. Jusque dans les épreuves personnelles que Dieu lui envoie, il est un « signe » pour Israël, 24.24, comme avaient été Osée, Isaïe et Jérémie. Mais la complexité de ses actions symboliques contraste avec la simplicité des gestes de ses prédécesseurs.
Ézéchiel est surtout un visionnaire. Son livre ne contient que quatre visions proprement dites, mais elles occupent une place considérable : 1-3 ; 8-11 ; 37 ; 40-48. Elles ouvrent un monde fantastique : les quatre animaux du char de Yahvé, la sarabande cultuelle du Temple avec son grouillement de bêtes et d’idoles, la plaine d’ossements qui s’animent, un Temple futur dessiné comme sur un plan d’architecte, d’où jaillit un fleuve de rêve dans une géographie utopique. Ce pouvoir d’imaginer s’étend aux tableaux allégoriques que trace le prophète : les deux sœurs Ohola et Oholiba, 23, le Naufrage de Tyr, 27, le Pharaon-Crocodile, 29 et 32, l’Arbre Géant, 31, la Descente aux Enfers, 32.
En contraste avec cette puissance visuelle, peut-être comme sa rançon et comme si l’intensité des images étouffait l’expression, le style d’Ézéchiel est monotone et gris, froid et dilué, d’une indigence rare quand on le compare à celui des grands classiques, à la pureté vigoureuse d’Isaïe, à la chaleur émouvante de Jérémie. L’art d’Ézéchiel vaut par ses dimensions et son relief, qui créent comme une atmosphère d’horreur sacrée devant le mystère du divin.
On voit que, si par bien des traits Ézéchiel se relie à ses prédécesseurs, il ouvre néanmoins une voie nouvelle. Et cela est vrai aussi de sa doctrine. Ézéchiel rompt avec le passé de sa nation. Le souvenir des promesses faites aux Pères et de l’Alliance conclue au Sinaï apparaît sporadiquement mais, si Dieu a sauvé jusqu’ici son peuple souillé dès sa naissance, 16.3s, ce n’est pas pour accomplir les promesses, c’est pour défendre l’honneur de son nom, 20 ; s’il doit remplacer l’Alliance ancienne par une Alliance éternelle, 16.60 ; 37.26s, ce n’est pas en récompense d’un « retour » du peuple vers lui, c’est par une bienveillance pure, nous dirions une grâce prévenante, et le repentir viendra après, 16.62-63. Le messianisme d’Ézéchiel, d’ailleurs peu exprimé, n’est plus royal et glorieux : il annonce bien un futur David mais celui-ci ne sera que le « berger » de son peuple, 34.23 ; 37.24, un « prince », 24.24, et non plus un roi, pour lequel il n’y a pas de place dans la vision théocratique de l’avenir, 45.7s. Il rompt avec la tradition de la solidarité dans le châtiment et affirme le principe de la rétribution individuelle, 18 ; cf. 33. Solution théologique provisoire qui, trop souvent contredite par les faits, conduira lentement à l’idée d’une rétribution outre-tombe. Prêtre si attaché à son Temple, il rompt, comme avait déjà fait Jérémie, avec l’idée que Dieu est lié à son sanctuaire. En lui se marient l’esprit prophétique et l’esprit sacerdotal qui étaient restés souvent opposés : les rites – qui subsistent – sont valorisés par les sentiments qui les inspirent. Toute la doctrine d’Ézéchiel est centrée sur le renouvellement intérieur : il faut se faire un cœur nouveau et un esprit nouveau, 18.31, ou plutôt Dieu lui-même donnera un « autre » cœur, un cœur « nouveau », et mettra dans l’homme un esprit « nouveau », 11.19 ; 36.26. Comme pour la bienveillance divine qui prévient le repentir, on est ici au seuil de la théologie de la grâce, que développeront saint Jean et saint Paul.
Cette spiritualisation de toutes les données religieuses est le grand apport d’Ézéchiel. Quand on l’appelle le père du Judaïsme, on se réfère souvent à son souci de séparation du profane, de pureté légale, à ses minuties rituelles, et l’on pense aux Pharisiens. Cela est tout à fait injuste : Ézéchiel, comme Jérémie mais d’une autre manière, est à l’origine du courant spirituel très pur qui a traversé le judaïsme et débouche dans le Nouveau Testament. Jésus est le Bon Pasteur qu’Ézéchiel avait annoncé et il a inauguré le culte en esprit que celui-ci avait appelé.
Par un autre de ses aspects, Ézéchiel est à l’origine du courant apocalyptique. Ses visions grandioses préludent à celles de Daniel et il n’est pas étonnant que dans l’Apocalypse de saint Jean on retrouve si souvent son influence.
1 The time when this prophecy was delivered, the place where, and person by whom, Ez 1:1-3.
His vision of the glory of God, in his attendance, surrounded with angels, (here called living creatures) Ez 1:4-14.
In his providences, represented by the wheels and their motions, Ez 1:15-26.
And in the face of Jesus Christ, sitting upon the throne, Ez 1:26-28.
1:1 Thirtieth year - From the finding the book of the law in the eighteenth year of Josiah, from which date to the fifth year of the captivity are thirty years. Fifth day - Probably it was the sabbath - day, when the Jews were at leisure to hear the prophet. River - Perhaps retiring thither to lament their own sins, and Jerusalem's desolation.Chebar - A river now called Giulap, arising out of the mountain Masius, and falling into Euphrates, somewhat below a city called by the same name.
1:2 The month - Thamus, as ver. Ez 1:1, answering to our June and July. Fifth year - This account observed will guide us in computing the times referred to ver. Ez 1:1.These five of Jehoiachin, and the eleven of his predecessor, added to fourteen of Josiah's reign, after he found the law, make up thirty years, ver. Ez 1:1.Jehoiachin - Who is also called Jechoniah, and Coniah. It may be of use to keep an account, when and where God has manifested himself to us in a peculiar manner. Remember, O my soul, what thou didst receive at such a time, at such a place: tell others what God did for thee.
1:3 The word - What was visions, ver. Ez 1:1, is here the word, both as signifying and declaring the mind of God, what he would do, and as continuing his commands to Ezekiel and to the people. Ezekiel - He speaks of himself in a third person.Priest - He was of the priests originally; he was a prophet by an extraordinary call. The hand - He felt the power of God opening his eyes to see the visions, opening his ear to hear the voice, and his heart to receive both. When the hand of the Lord goes along with his word, then it becomes effectual.
1:4 Looked - I very diligently surveyed the things that were represented to me in the vision. Whirlwind - This denotes the indignation and judgments of God; a quick, impetuous and irresistible vengeance. North - From Babylon, which lay northward from Judea; and the prophet, tho' now in Babylon, speaks of the Jews, as if they were in Jerusalem. A fire - An orb or wheel of fire: God being his own cause, his own rule, and his own end. Brightness - Yet round about it was not smoak and darkness, but a clear light.The midst - Of the fire.
1:5 The likeness - Such a representation of the holy angels as God saw fit to make use of, came out of the midst of the fire: for angels derive their being and power from God: their glory is a ray of his.
1:6 Wings - With two they flew, denoting the speed of their obedience; and with two they covered their body, denoting their reverence.
1:7 Feet - Their thighs, legs and feet, were of a human shape.Straight - Not bowed to this or that part, which argues weakness.The sole - That which is properly the foot. A calf's - A divided hoof spake the cleanness of the creature. They - Their feet.
1:8 Under - Their power and manner of exerting it is secret and invisible. Sides - On each side of the chariot one of these living creatures flood, and so on each side hands were ready to act as they were moved. They four - It is doubled to confirm the truth and certainty of the thing.
1:9 Their wings - The wings of the two cherubim which went foremost, and the wings of the two hindermost, were joined together when they moved.Went - This explains the former words, assuring us, that every one of those living creatures are ready, and unwearied in doing the pleasure of their Creator.
1:10 A man - Each face is compared to what is most excellent in its kind, man excels in wisdom, lions in strength, the ox in patience and constancy of labour, the eagle in speed and high flight.
1:11 Divided - So each face appeared distinct above the shoulders, and there the wings divided from each other were united to the body of the living creature.
1:12 Straight - Which way soever they went, each living creature had one face looking straight forward. The spirit - The will, command, and breathing of the Spirit of God, both gave and guided their motions.Was to go - Going is attributed here to the Spirit of God, by allusion, for he who is in every place cannot properly be said to go from or to any place. Turned not - They looked not back, they turned not out of the way, they gave not over, 'till they had compleated their course.
1:13 The fire - This fire stood not still, but as the Hebrew is, Made itself walk up and down. It moved itself, which is too much to ascribe to creatures: God only moved all these living creatures.
1:14 Ran - They ran into the lower world, to do what was to be done there: and when they had done, returned as a flash of lightning, to the upper world, to the vision of God. Thus we should be in the affairs of this world: though we run into them we must not repose in them, but our souls must presently return like lightning, to God, their rest and center.
1:15 Living creatures - By each of the living creatures stood one wheel, so that they were four in number, according to the number of living creatures. Four faces - By this it appears, each wheel had its four faces. While he was contemplating the glory of the former vision, this other was presented to him: wherein the dispensations of providence are compared to the wheels of a machine, which all contribute to the regular motion of it. Providence orders, changes: sometimes one spoke of the wheel is uppermost, sometimes another. But the motion of the wheel on its own axle - tree, is still regular and steady. And the wheel is said to be by the living creatures, who attend to direct its motion. For all inferior creatures are, and move, and act, as the Creator, by the ministration of angels directs and influences them: visible effects are managed and governed by invisible causes.
1:16 Work - All that was wrought, whether engraved or otherwise was of one colour. Beryl - A sea green. One likeness - The same for dimensions, colour, frame, and motion. In the middle - It is probable, the wheels were framed so as to be an exact sphere, which is easily rolled to any side.
1:17 They - The wheels. Four sides - The wheels being supposed round every way as a globe, by an exact framing of two wheels one in the other; the four semi - circles which are in two whole wheels, may be well taken for these four sides on which these wheels move, and such a wheel will readily be turned to all points of the compass. Returned not - They returned not 'till they came to their journey's end; nothing could divert them, or put them out of their course. So firm and sure are the methods, so unalterable and constant the purposes of God, and so invariable the obedience and observance of holy angels. So subject to the sovereign will of God are all second causes.
1:18 The rings - The circumference of the wheels. Dreadful - Their very height imprest a fear on the beholder. Them four - Every one of the four wheels. How fitly do the wheels, their motion, their height, and eyes, signify the height, unsearchableness, wisdom, and vigilance of the Divine Providence.
1:20 The spirit - The Spirit of God. These angels in their ministry punctually observed both his impulse and conduct. They - The wheels, inferior agents and second causes. Their spirit - The wheels concurred with the spirit of the living creatures, so that there was an hearty accord between those superior and inferior causes. For - An undiscerned, yet divine, mighty, wise, and ever - living power, spirit, and being, actuated all, and governed all.
1:21 For - The same wisdom, power, and holiness of God, the same will and counsel of his, that guides and governs the angels, does by them order and dispose all the motions of the creatures in this lower world.
1:22 Likeness - The appearance or resemblance. As crystal - For splendor, purity, and solidity, all that was above these creatures and wheels was beautiful and very majestic, and 'tis therefore called terrible, because it impressed a veneration upon the mind of the beholders.
1:23 Under - Below at a great distance, stood these living creatures.Straight - Stretched forth, ready for motion. One - Each of the four had two other wings with which they covered their bodies.
1:24 The voice - Thunder. Speech - The prophet heard the voice in an articulate manner. An host - A tumultuous voice of men.Stood - Having done their office they present themselves before God, waiting for the commands of their Lord.
1:26 A man - Christ, God - man, who here appears as king and judge.
1:27 Amber - In this colour does Christ appear against the rebellious Jews; he that would have visited them clothed with the garments of salvation, now puts on the garments of vengeance, expressed by such metaphors. Brightness - Majesty, justice, and unstained holiness, shine round about him.
1:28 The bow - A like appearance of Christ in a surrounding brightness, as of the rainbow you have, Ap 4:3. Mercy, and truth, and both according to covenant are about the throne of Christ. Glory - It was not the full glory of God, but such as the prophet might bear. I fell - With deep humility and reverence.