Osée, Chapitre 11
II. Crimes et châtiment d’Israël> 1 Yahvé va venger son amour méconnu., 7 Mais Yahvé pardonne., 10 Le retour de l’exil.Osée, Chapitre 12, vers 1
II. Crimes et châtiment d’Israël> 1 Perversion religieuse et politique d’Israël.1 h) Chap. difficile où s’entremêlent l’énoncé de faits contemporains et le rappel de certains épisodes de la vie des patriarches. Pour le prophète et pour ses contemporains l’ensemble des générations successives issues des patriarches était considéré comme une seule personne. Le patriarche continuait en quelque sorte à vivre dans ses descendants et ceux-ci étaient déjà présents en lui, cf. He 7.9s.
1 i) Relecture judéenne, cf. 1.7. — Le grec lit « Mais ils sont encore connus de Dieu ». Texte incertain.
Originaire du royaume du Nord, Osée est le contemporain d’Amos, puisqu’il a commencé de prêcher sous Jéroboam II ; son ministère s’est prolongé sous les successeurs de ce roi ; mais il ne paraît pas qu’il ait vu la ruine de Samarie en 721. C’est en Israël une sombre période : conquêtes assyriennes de 734-732, révoltes intérieures – quatre rois sont assassinés en quinze ans –, corruption religieuse et morale.
De la vie d’Osée pendant cette période troublée, nous ne connaissons que son drame personnel, 1-3, mais celui-ci fut décisif pour son action prophétique. Le sens de ces premiers chapitres est discuté. Voici l’interprétation la plus vraisemblable : Osée avait épousé une femme qu’il aimait et qui l’a quitté, mais il a continué de l’aimer et l’a reprise après l’avoir éprouvée. L’expérience douloureuse du prophète devient un symbole de la conduite de Yahvé envers son peuple et la conscience de ce symbolisme a pu modifier la présentation des faits. Le chap. 2 fait l’application et donne en même temps la clé de tout le livre : Israël a été épousée par Yahvé, elle s’est conduite comme une femme infidèle, comme une prostituée, et a provoqué la fureur et la jalousie de son époux divin. Celui-ci l’aime toujours, il la châtiera mais pour la ramener à lui et lui rendre les joies de leur premier amour.
Avec une audace qui étonne et une passion qui bouleverse, l’âme tendre et violente d’Osée a exprimé pour la première fois les rapports de Yahvé et d’Israël dans les termes d’un mariage. Tout son message a pour thème fondamental l’amour de Dieu méconnu par son peuple. Sauf une courte idylle au désert, Israël n’a répondu aux avances de Yahvé que par la trahison. Osée s’en prend surtout aux classes dirigeantes de la société. Les rois, choisis contre la volonté de Yahvé, ont, par leur politique séculière, dégradé le peuple élu au rang des autres peuples. Les prêtres, ignorants et rapaces, conduisent le peuple à sa perte. Comme Amos, Osée condamne les injustices et les violences, mais il s’appesantit plus que lui sur l’infidélité religieuse : Yahvé est à Béthel l’objet d’un culte idolâtrique, on l’associe à Baal et à Astarté dans le culte licencieux des hauts lieux. Osée proteste contre le titre de baal, au sens de « Seigneur », que l’on donnait à Yahvé, 2.18, et il revendique pour le Dieu d’Israël l’action bienfaisante que l’on était tenté d’attribuer à Baal, dieu de la fertilité, 2.7, 10 ; Yahvé est un Dieu jaloux, qui veut avoir sans partage le cœur de ses fidèles : « Ce que je veux, c’est l’amour, non les sacrifices, la connaissance de Dieu, non les holocaustes », 6.6. Le châtiment est donc inévitable : cependant, Dieu ne châtie que pour sauver. Israël dépouillé et humilié se souviendra du temps où il était fidèle, et Yahvé accueillera son peuple repentant, qui jouira du bonheur et de la paix.
Après avoir voulu retrancher du livre toute annonce de bonheur et tout ce qui concernait Juda, la critique revient à des jugements plus modérés. Ne faire d’Osée qu’un prophète de malheur serait fausser tout son message et il est naturel que son regard se soit étendu sur le royaume voisin de Juda. Il faut cependant admettre que la collection des oracles d’Osée, rassemblée en Israël, a été recueillie en Juda et y a été l’objet d’une ou de deux révisions. Les marques de ce travail d’édition se trouvent dans le titre, 1.1, et dans certains passages, par exemple 1.7 ; 5.5 ; 6.11 ; 12.3. Le verset final, 14.10, est la réflexion d’un sage de l’époque exilique ou postexilique sur l’enseignement principal du livre et sur sa profondeur. La difficulté de son interprétation est accrue pour nous par l’état déplorable du texte hébreu, qui est l’un des plus corrompus de tout l’Ancien Testament.
Le livre d’Osée a eu des résonances profondes dans l’Ancien Testament et on retrouve son écho dans les exhortations des prophètes suivants à une religion du cœur, inspirée par l’amour de Dieu. Jérémie a été profondément influencé par lui. Il n’est pas étonnant que le Nouveau Testament cite Osée ou s’en inspire assez souvent. L’image matrimoniale des relations entre Yahvé et son peuple a été reprise par Jérémie, Ézéchiel et la seconde partie d’Isaïe. Le Nouveau Testament et la communauté issue de lui l’ont appliquée aux rapports entre Jésus et son Église. Les mystiques chrétiens l’ont étendue à toutes les âmes fidèles.
11 Upbraidings, threatenings and promises mingled, Os 11:1-11.
A commendation of Judah, Os 12:1.
12:1 Ephraim - Most of the people of Israel.With lies - Play the hypocrite with me still. Judah - The two tribes.Yet ruleth - While idolaters are slaves to the devil, the true worshippers of God, like princes, rule with God. Faithful - Retains purity, at least truth of worship, and comparatively is faithful.Judah adheres to God's holy prophets, priests, and other saints of God.

1 w) Ce chapitre est étroitement parallèle à 1-3. Après l’analogie de l’amour conjugal bafoué, voici celle de l’amour paternel méconnu. On notera cependant que dans les trois premiers chapitres du livre les enfants étaient déjà étroitement associés à la mère, 2.1, 4. Déjà tout au début, 1.2, les deux perspectives sont unies.
1 x) On a ici la première attestation du thème de l’amour de Dieu comme cause de l’élection d’Israël, doctrine qui sera abondamment développée par le Deutéronome Dt 4.37 ; 7.7-9 ; 10.15, etc. Pour Osée, la véritable histoire d’Israël commence avec la sortie d’Égypte. Tout ce passage décrit l’âge d’or du désert, cf. 2.16. De la geste des Patriarches, Osée ne semble avoir connu — ou retenu — que des traits défavorables, 12.4-5, 13.
2 y) Le sujet du verbe « appelait » n’est pas précisé ; avec une légère correction on pourrait lire « plus je les appelais, plus ils s’écartaient de moi ».
4 z) « nourrisson » `ûl conj. ; « joug » `ol hébr.
4 a) Ou « je lui tendais de la nourriture ». — Tout ce passage (vv. 3-4) montre Yahvé faisant l’éducation d’Israël enfant thème de la pédagogie divine reprise par le Deutéronome Dt 8.5-6.
5 b) Au lieu d’être captifs en Égypte ils le seront en Assyrie. Mais La situation sera identique. La contradiction avec 8.13 n’est qu’apparente.
7 c) Texte incertain. — « en haut », cf. 7.16.
8 d) Adma et Çeboyim, deux des cinq villes de la Pentapole, Gn 10.19 ; 14.2, 8 ; Dt 29.22, qui tenaient sans doute dans la tradition « élohiste » la place de Sodome et Gomorrhe dans la tradition « yahviste », Isa 1.9-10.
8 e) Le mot est très fort ; précisément celui qui est employé à propos de la destruction des cités coupables, Gn 19.25 ; Dt 29.22. Osée laisse entendre que le châtiment envisagé est comme vécu d’avance dans le cœur de Dieu. Cf. le cri de David à la mort d’Absalom, 2 S 19.1.
9 f) La transcendance de Dieu est soulignée avec force. Mais contrairement à d’autres textes plus anciens (Ex 19.2 ; 2 S 6.6-8, etc.) ou plus récents que celui-ci (Isa 6.3), elle est ici dépouillée de tout caractère terrifiant et elle s’exprime en termes d’amour. La sainteté divine se manifeste par la miséricorde qui pardonne, alors que l’homme, habituellement, laisse libre cours à la colère.
10 g) Les vv. 10-11 sont probablement une relecture plus tardive datant de l’époque de l’exil à Babylone ; ils développent dans cette perspective les idées des vv. 8-9
Originaire du royaume du Nord, Osée est le contemporain d’Amos, puisqu’il a commencé de prêcher sous Jéroboam II ; son ministère s’est prolongé sous les successeurs de ce roi ; mais il ne paraît pas qu’il ait vu la ruine de Samarie en 721. C’est en Israël une sombre période : conquêtes assyriennes de 734-732, révoltes intérieures – quatre rois sont assassinés en quinze ans –, corruption religieuse et morale.
De la vie d’Osée pendant cette période troublée, nous ne connaissons que son drame personnel, 1-3, mais celui-ci fut décisif pour son action prophétique. Le sens de ces premiers chapitres est discuté. Voici l’interprétation la plus vraisemblable : Osée avait épousé une femme qu’il aimait et qui l’a quitté, mais il a continué de l’aimer et l’a reprise après l’avoir éprouvée. L’expérience douloureuse du prophète devient un symbole de la conduite de Yahvé envers son peuple et la conscience de ce symbolisme a pu modifier la présentation des faits. Le chap. 2 fait l’application et donne en même temps la clé de tout le livre : Israël a été épousée par Yahvé, elle s’est conduite comme une femme infidèle, comme une prostituée, et a provoqué la fureur et la jalousie de son époux divin. Celui-ci l’aime toujours, il la châtiera mais pour la ramener à lui et lui rendre les joies de leur premier amour.
Avec une audace qui étonne et une passion qui bouleverse, l’âme tendre et violente d’Osée a exprimé pour la première fois les rapports de Yahvé et d’Israël dans les termes d’un mariage. Tout son message a pour thème fondamental l’amour de Dieu méconnu par son peuple. Sauf une courte idylle au désert, Israël n’a répondu aux avances de Yahvé que par la trahison. Osée s’en prend surtout aux classes dirigeantes de la société. Les rois, choisis contre la volonté de Yahvé, ont, par leur politique séculière, dégradé le peuple élu au rang des autres peuples. Les prêtres, ignorants et rapaces, conduisent le peuple à sa perte. Comme Amos, Osée condamne les injustices et les violences, mais il s’appesantit plus que lui sur l’infidélité religieuse : Yahvé est à Béthel l’objet d’un culte idolâtrique, on l’associe à Baal et à Astarté dans le culte licencieux des hauts lieux. Osée proteste contre le titre de baal, au sens de « Seigneur », que l’on donnait à Yahvé, 2.18, et il revendique pour le Dieu d’Israël l’action bienfaisante que l’on était tenté d’attribuer à Baal, dieu de la fertilité, 2.7, 10 ; Yahvé est un Dieu jaloux, qui veut avoir sans partage le cœur de ses fidèles : « Ce que je veux, c’est l’amour, non les sacrifices, la connaissance de Dieu, non les holocaustes », 6.6. Le châtiment est donc inévitable : cependant, Dieu ne châtie que pour sauver. Israël dépouillé et humilié se souviendra du temps où il était fidèle, et Yahvé accueillera son peuple repentant, qui jouira du bonheur et de la paix.
Après avoir voulu retrancher du livre toute annonce de bonheur et tout ce qui concernait Juda, la critique revient à des jugements plus modérés. Ne faire d’Osée qu’un prophète de malheur serait fausser tout son message et il est naturel que son regard se soit étendu sur le royaume voisin de Juda. Il faut cependant admettre que la collection des oracles d’Osée, rassemblée en Israël, a été recueillie en Juda et y a été l’objet d’une ou de deux révisions. Les marques de ce travail d’édition se trouvent dans le titre, 1.1, et dans certains passages, par exemple 1.7 ; 5.5 ; 6.11 ; 12.3. Le verset final, 14.10, est la réflexion d’un sage de l’époque exilique ou postexilique sur l’enseignement principal du livre et sur sa profondeur. La difficulté de son interprétation est accrue pour nous par l’état déplorable du texte hébreu, qui est l’un des plus corrompus de tout l’Ancien Testament.
Le livre d’Osée a eu des résonances profondes dans l’Ancien Testament et on retrouve son écho dans les exhortations des prophètes suivants à une religion du cœur, inspirée par l’amour de Dieu. Jérémie a été profondément influencé par lui. Il n’est pas étonnant que le Nouveau Testament cite Osée ou s’en inspire assez souvent. L’image matrimoniale des relations entre Yahvé et son peuple a été reprise par Jérémie, Ézéchiel et la seconde partie d’Isaïe. Le Nouveau Testament et la communauté issue de lui l’ont appliquée aux rapports entre Jésus et son Église. Les mystiques chrétiens l’ont étendue à toutes les âmes fidèles.
11 Upbraidings, threatenings and promises mingled, Os 11:1-11.
A commendation of Judah, Os 12:1.
11:1 Was a child - In the infancy of Israel.I loved him - Manifested my tender and paternal affection to him.Called my son - Adopted him to be my son, and as my son, provided for him, and brought him out of servitude. Out of Egypt - But Israel, the first adopted son was a type of Christ the first - born. And the history of Israel's coming out was a type of Christ's future coming out of Egypt.
11:2 They - Moses and Aaron, and other prophets.Called - Persuaded, intreated, and urged by exhortations, the whole house of Israel. From them - From the prophets counsel and commands.Baalim - In the desert they began this apostacy, and held on with obstinacy in it.
11:3 I taught - As a mother or nurse helps the child.Taking them - Supporting and bearing them up.They knew not - They would not see nor acknowledge me in it.
11:4 Cords of man - With such kindness as best fits and most prevails with a man. I was to them - As a careful husband - man in due season takes the yoke from his labouring oxen, and takes off the muzzle with which they were kept from eating, when at work. I laid meat unto them - Brought them provision in their wants.
11:5 He - Ephraim. Shall be king - Shall rule them with rigour and cruelty. They refused - The reason of all is, their obstinacy in idolatry.
11:6 His branches - The lesser towns and villages.Their own counsels - Which they have followed in opposition to all the good counsels the prophets gave them from time to time.
11:7 They - The prophets. None at all - Scarce any one would hearken and obey.
11:8 Give thee up - To utter destruction. Admah and Zeboim were two of the four cities which were destroyed with fire from heaven.My repentings - Not that God is ever fluctuating or unresolved; but these are expressions after the manner of men, to shew what severity Israel had deserved, and yet how divine grace would be glorified in sparing them.
11:9 Return - Conquerors that plunder the conquered city, carry away the wealth of it, and after some time return to burn it; God will not do so.Not man - Therefore my compassions fail not. The holy One - A holy God, and in covenant, though not with all, yet with many among you.Enter into the city - Utterly to destroy thee, as I did Sodom.
11:10 They - The remnant shall hear and obey the Lord.Like a lion - The word of the Lord, so saith the Chaldee, shall roar as a lion. Christ is called, The lion of the tribe of Judah: and when he cried with a loud voice, it was as when a lion roared.The voice of the gospel was heard far, as the roaring of a lion; and it was a mighty voice. Tremble - The spirit by its power awakening them to a sight of sin, shall make them fear and tremble.From the west - From the ends of the earth.
11:11 They shall tremble - At their return into their own land, some shall hasten, yet with solicitude, out of Egypt, whither they fled for shelter; others like doves shall hasten out of Assyria, but with fear and trembling. I will place them - A seasonable and comfortable promise.